Rapport du Colonel Trinquet

(Sources : Mémorial Leclerc de Hauteclocque, Musée Jean Moulin, Mairie de Paris)

RAPPORT

Du Colonel TRINGUET, Commandant le groupement T, tendant à l'inscription au Tableau supplémentaire de la Légion d'Honneur au titre " Faits de Guerre " du Lieutenant de Hauteclocque, de l'arme de cavalerie, détachés à l'encadrement des partisans du Jerklaa.

 

 

Sorti de Saint-Cyr en 1924, et de SAUMUR en 1925, le Lieutenant d HAUTECLOCQUE qu'anime un désir ardent de servir, obtient d'être envoyé au Maroc comme s/lieutenant en 1926. Affecté au 8e spahis, il prend part avec ce régiment aux nombreuses tournées de police nécessités par les derniers spasmes de la dissidence Riffaine au Maroc. Son escadron étant relevé effectivement en Août 1927, afin de ne pas quitter le Maroc, il se fait affecter comme instructeur à DAR BEIDA, il y reste jusqu'en Mai 1929 et s'y signale par son zèle, son activité intelligente.

Mais la vie périlleuse des marches frontières l'attire et sur ses instances il est détaché en Mai 1929 au poste de M'ZIZEL. Il y prend part au débloquement d'AIT YACOUB en juin 1929 et en fin A929 et pendant l'année 1930 à de nombreuses poursuites de Djiouch où il apporte son ardeur, sa bravoure et sa ténacité habituelles ; le 13 juillet 1930 au Col n'FSIRET ou n'BARKA il barre la route avec son Maghzen à un djich de 150 à 200 AIT HAMOUT. Après un combat très dur, où il est blessé au bras, il force le djich au repli et le poursuit pendant 10 kilomètres, lui infligeant des pertes sévères. A la suite de ce brillant fait d'armes, il est l'objet d'une proposition pour la Croix de la Légion d'Honneur, proposition qui se transforme en citation à l'Ordre de l'Armée.

Rapatrié en Janvier 1931 et affecté comme instructeur de cavalerie à l'Ecole Spéciale Militaire, le Lieutenant de HAUTECLOCQUE vient au cours d'un congé de trois moi de revenir au Maroc, où il a brigué le périlleux honneur d'être placé à la tête des forces supplétives. Affecté au Groupement T avec ses 150 partisans, il a su, au cours des très durs combats dans le KERDOUS du 6 au 11 août, été le premier artisan du succès. Toujours à l'avant-garde, toujours placé dans des situations difficiles, il a toujours conquis ses objectifs grâce à sa magnifique bravoure, à son allant endiablé et à ses qualités manoeuvrières. Le 11 août notamment à Agbalou, il a par un hardi mouvement tournant fait pencher la balance en faveur de nos armes et amené le magnifique succès qui a suivi, c'est-à-dire la soumission du bloc AIT HADDIDOU et AIT YAHIA.

 

Il est digne à tous points de vue de l'inscription au Tableau exceptionnel pour chevalier de la Légion d'Honneur  que je demande pour lui, avec le motif suivant :

Remarquable entraîneur d'hommes, d'une bravoure et d'une abnégation au-dessus de tout éloge est revenu volontairement au Maroc, où il s'était déjà signalé de 926 à 1931 et où il avait été blessé le 13 juillet 1930. A commandé remarquablement les partisans d'avant-garde d'un Groupement au cours de notre progression sur l'INDCHAS et le KERDROUS ; a partout et toujours conquis ses objectifs, faisant preuve d'un mépris du danger et d'un sens du terrain absolument remarquables. Le 11 août notamment au combat d'AGHBALOU a été par sa manoeuvre hardie sous un feu extrêmement violent le facteur déterminant du succès de nos armes.