lettre à l'Amiral du 26 novembre 1945

Le 26 Novembre 1945
Lettre à l'Amiral

Je tiens à vous écrire ces quelques mots à la suite de l'entretien que vous m'avez accordé.
Vous m'avez déclaré que ma première réaction était toujours défavorable, à l'occasion des mesures de commandement que vous preniez. Je suis certain que cette parole a dû dépasser votre pensée et je ne voudrai à aucun prix que cette impression puisse vous gêner le moins du monde dans l'action difficile que vous entreprenez pour sauver l'Indochine.
Si j'ai insisté pour vous signaler les dangers d'un comité de guerre, c'est en raison de la complexité de la situation militaire. La nature des fronts, la mise en oeuvre des moyens terrestres, maritimes et aériens, étroitement mélangés, exigent que le Haut-Commandement soit aussi simplifié que possible. La moindre formalité qui retarde de quelques heures une décision ou un ordre se traduit pour les troupes par un surcroit de fatigue, un emploi malheureux et des pertes.
Si mon désir est de vous aider au maximum dans votre tâche, j'estime que la manière optimume d'attendre le but recherché consiste, de notre part, à clarifier, à simplifier les contacts, les liaisons entre les divers État-major.
Je vous demande instamment de diriger les efforts de chacun dans ce sens, étant toujours bien entendu que, de mon côté, je n'agirai qu'en plein accord avec vous et après vous en avoir référé pour toutes les questions importantes.
Mais, avant tout, notre rôle consiste à commander et à agir vite ; il est inutile et pénible de passer de précieuses heures à résoudre des difficultés entre Etats-majore alors que nous avons suffisamment avec nos adversaires et mêmes nos alliés. Dans cet ordre d'idée, je ne vois aucun inconvénient à une réunion aussi proche que possible du Comité afin de préciser certains points, certaine méthodes de travail et de rendre ainsi notre tâche plus claire et plus facile.