Le serment de Koufra

8. Le serment de Koufra

(Sources : Mémorial Leclerc de Hauteclocque, Musée Jean Moulin, Mairie de Paris)

Au sein d'unités britanniques, les Français libres de la brigade d'Orient ont démontré l'utilité des armées françaises en Erythrée, à Cub-Cub le 23 février 1941. Koufra est la bataille qui fait entrer les Français libres dans la légende. Devenu commandant militaire du Tchad en décembre 1940, Leclerc projette d'attaquer Koufra, oasis italienne au sud-est de la Libye, distante de près de 2000 km. Auparavant, il envoie quelques hommes se joindre à un raid britannique au nord du Tibesti contre des postes du Fezzan. L'accrochage contre les Italiens à Mourzouk, le 11 janvier 1941, marque l'entrée de la colonne Leclerc (quelques centaines d'hommes bien encadrés) dans la guerre. Les 18 et 19 février, l'attaque est lancée sur Koufra avec 300 hommes, dont une majorité de Saras, et un seul canon contre la Compagnie saharienne italienne. Après un siège d'une quinzaine de jours, l'ennemi se rend le 1er mars. Le général de Gaulle lui témoigne sa reconnaissance en le faisant Compagnon de la Libération (récompense donnée à ceux qui se sont distingués dans la libération de la France, 1061 personnes, unités et villes françaises de novembre 1940 à 1946). Premier succès d'armes, cette victoire, relatée dans " le Courrier de l'Air ", publié à Londres par les services anglais, a valeur de symbole puisque Leclerc jure devant ses hommes de ne déposer les armes que lorsque les couleurs françaises flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. Pour Leclerc, la prise de Koufra apporte la certitude qu'en améliorant les moyens logistiques le Fezzan, au sud-ouest de la Libye italienne, objectif suivant fixé par le général de Gaulle, est à sa portée. A partir de cette victoire s'affirme le climat de confiance entre les hommes et leur chef. Leclerc fait le serment qu'il ne s'arrêtera que lorsque Strasbourg sera libéré. 9. Les campagnes du Fezzan Le déclenchement de l'offensive au Fezzan dépend étroitement de la grande offensive britannique en direction de Tripoli. Or, à la fin de 1941, les Britanniques repoussent les italiens vers Benghazi mais sont arrêtés par la contre-offensive du général Rommel. Il faut attendre l'offensive réussie du général Montgomery, chef de la 8e armée britannique, contre les forces de l'Axe à El Alamein, début novembre 1942, pour que la jonction soit possible. Leclerc décide alors de réaliser des opérations de harcèlement contre l'ennemi, sans s'engager à fond, pour ne pas laisser ses hommes inoccupés. Il lance ses colonnes sur plusieurs axes pour attaquer les postes italiens. Déclenchée le 17 février 1942, la première campagne du Fezzan s'achève le 14 mars. Leclerc y a engagé 500 hommes et 150 véhicules qui ont mené une guérilla motorisée sur un territoire grand comme la France. Les oasis de Tedjeré et Ouaou el-Kébir tombent respectivement les 28 février, 1er et 7 mars. L'opération échoue devant Oum el-Araneb. La présence de deux compagnies italiennes rend la situation difficile d'autant plus que les avions italiens et allemands se montrent très actifs. La saison sèche arrivant, Leclerc ordonne le repli, le 7 mars. Le combat a été éprouvant. Les problèmes logistiques sont considérables. Leclerc profite de cette pause pour renforcer ses moyens en matériels et parfaire l'entraînement de ses hommes. Le 22 décembre 1943, Ouigh el-Kébir est occupé et devient la base d'opérations. Début janvier 1943, les oasis tombent les unes après les autres. Le Fezzan est conquis. Leclerc est à Tripoli le 26 janvier. La fonction avec les Britanniques est faite.