Communiqué de l'EMFFI sur la situation de Paris le 24 août 1944

(Sources : Mémorial Maréchal Leclerc de hauteclocque, Musée Jean Moulin, Mairie de Paris)

COMMUNIQUE de l'E.M.F.F.I. SUR LA SITUATION DE PARIS

DIFFUSE par la B.B.C. le 24 AOUT 1944 à MIDI

Selon des informations officielles émanant de l'Etat-Major F.F.I. du Général KOENIG :

Il résulte de nouvelles informations que la journée décisive, qui a changé la situation à PARIS, a été le samedi 19 Août. Dès le matin sur l'ordre de soulèvement, donné en accord avec le Délégué National Civil par le C.P.L. et le C.N.R., le mouvement de grève se généralisait et les incidents sanglants se multipliaient dans tous les quartiers.

Les Allemands ont réagi en envoyant des chars qui ont abattu sans discernement de nombreux civils. La lutte fut particulièrement intense dans les quartiers de l'Hôtel de Ville, de la Cité, de la Place Saint-Michel au Panthéon, de la Place Denfert-Rochereau aux Gobelins, et de la Porte d'Orléans à la Cité Universitaire ainsi que dans l'axe Place de la République, Boulevard Barbès, Gare de l'Est. Tous les assauts allemands furent repoussés, une dizaine de chars lourds détruits ou pris ainsi que 60 mitrailleuses. Les F.F.I. avaient capturé des canons antichars, un matériel considérable et fait un millier de prisonniers. Pendant la nuit, l'occupation des édifices publics se poursuivait et le 20 au matin, l'Hôtel de Ville était occupé et le Préfet de la Seine BOUFFET arrêté. A ce moment là, les F.F.I. tenaient outre l'Hôtel de Ville et la Préfecture de Police, le Palais de Justice, l'Elysée, les Invalides, les Ministères de l'Intérieur, des Finances, de la Justice, de l'Agriculture, de la Guerre, la Gare de l'Est, les Halles, la Bourse du Travail ainsi que de nombreuses mairies et imprimeries, centraux téléphoniques. Dans la journée du Dimanche, l'ennemi paraissait se retirer sur un certain nombre de points. Le Commandement allemand engageait des négociations en vue d'un armistice offrant de reconnaître aux F.F.I. la qualité de belligérants. Pendant les négociations, la lutte continuait sur certains poi.nt5 c'est ainsi qu'un groupe de 400 patriotes retranchés sur la Place et le Boulevard Saint-Michel se distinguaient dans toute la journée du Dimanche et du Lundi, détruisant 10 chars, 4 chenillettes, 21 camions, 17 voitures, infligeant de lourdes pertes aux allemands.