Le Tonkin

(Sources : Mémorial Maréchal Leclerc de hauteclocque, Musée Jean Moulin, Mairie de Paris)

Le Tonkin.

La reconquête du Tonkin apparait plus délicate car il faut négocier avec les Chinois le retrait de leurs troupes hostiles aux Européens et trouver les termes d'un accord avec Hô Chi Minh dont le pouvoir révolutionnaire est solidement implanté. Le 20 janvier 1946, le général de Gaulle a quitté le gouvernement en recommandant à d'Argenlieu de maintenir " le cap ". Leclerc, haut-commissaire par intérim depuis le 13 février, presse Jean Sainteny, commissaire de la République au Tonkin de conclure un accord avec Hô Chi Minh en vue de débarquer les troupes françaises à Haïphong, le 6 mars, à cause des impératifs de marée. Le général Leclerc en a informé le Gouvernement et d'Argenlieu à Paris qui l'ont autorisé à lancer l'opération militaire. Les Français obtiennent des Chinois de Tchang Kaï-Chek qu'ils retirent leurs troupes pour la fin mars en échanges des concessions de Shangaï et Canton et de l'obtention d'une zone franche à Haîphong et d'avantages commerciaux au Tonkin. L'accord signé le 6 mars 1946 entre Hô Chi Minh et Sainteny doit mettre fin à la guérilla dans tout le Vietnam, reconnu comme un Etat libre dans le cadre de l'Union française. Il est complété par une convention miliaire qui limite les effectifs français à 15000 hommes et qui envisage la relève progressive par l'armée vietnamienne dans un délai de cinq ans. Les premiers éléments français sont accueillis à Haïphong par des tirs de soldats chinois. Ils ne ripostent pas malgré d'importantes pertes, mais réussissent à prendre pied et un cessez-le -feu est conclu. Les Français conduits par Leclerc font leur rentrée dans Hanoï le 18 mars. C'est l'ultime étape de la Libération. L'application de l'accord est difficile car d'Argenlieu veut en limiter la portée et reporte ses espoirs sur la création d'une République autonome de Cochinchine. Le général Leclerc incite l'Amiral d'Argenlieu à poursuivre les négociations, en vain. C'est la rupture entre les deux hommes. En désaccord avec d'Argenlieu sur l'évolution politique de l'Indochine, Leclerc demande au général Juin, chef d'état-major de la Défense nationale, en inspection en Indochine en avril 1946, une autre affectation.