La Campagne de Tunisie

(Sources : Mémorial Maréchal Leclerc de hauteclocque, Musée Jean Moulin, Mairie de Paris)

La campagne de Tunisie

La guerre s'étend en Afrique du Nord avec le débarquement américain et l'arrivée des renforts allemands en Tunisie avec l'accord de Vichy. L'armée française d'Afrique, après s'être opposée temporairement (1825 morts) aux Anglo-Américains, combat à leurs côtés contre les troupes de l'Axe en Tunisie. Après l'invasion de la zone sud, de nombreux officiers de l'armée d'armistice rejoignent les Alliés pour reprendre la lutte. A l'issue de la conquête des oasis du Fezzan, Leclerc convainc le général Montgomery le 26 janvier 1943, de l'engager en Tunisie pour créer un second front contre les forces germano-italiennes. La participation des Forces françaises combattantes sur ce théâtre d'opérations est importante pour le général de Gaulle, tenu à l'écart des négociations politiques d'Alger par les Alliés. Le chef de la France Libre a donné l'ordre, dès le 17 janvier 1943, au général de Larminat, commandant ces forces pour " qu'elles participent dans la plus large mesure possible, à la bataille aux côtés de la 8e armée britannique ". La colonne volante du colonel Rémy et trois compagnies de chars, du génie et de transmission, renforcent la colonne Leclerc. Rééquipée par les Anglais, elle s'enrichit d'une centaine d'officiers grecs de l'Escadron sacré du colonel Gigantès et prend le nom de Force L . Montgomery confie à Leclerc la couverture du flanc gauche de sa 8e armée le long de la ligne Mareth, ligne de fortification du sud-tunisien. La Force L pénètre en Tunisie, le 20 février 1943. Le 10 mars, à Ksar Rhilane, elle se heurte au groupement de reconnaissance allemand de la 90e panzerdivision chargée d'empêcher la 8e armée de déborder la ligne Mareth. La Force L arrête l'ennemi, tient fermement la position avec l'aide de la Royal Air Force malgré des moyens peu adaptés au combat contre des blindés. Montgomery gratifie les Français d'un " Well done ! " " bien joué " La Force L facilite ensuite la prise de Gabès, le 29 mars, puis certains de ces éléments s'emparent avec beaucoup de difficultés du Djebel Garci, au nord de Kairouan, le 20 avril. Le 10 mai, un détachement entre à Tunis avec la 8e armée britannique. La célébration de la victoire à Tunis le 20 mai, souligne toutefois les antagonismes existant entre l'armée d'Afrique et les Forces françaises libres qui défilent séparément. Surmontant ces divergences, Leclerc réussit à adjoindre des unités de l'armée d'Afrique aux Forces françaises libres pour former la 2e Division blindée.

 

Christine LEVISSE-TOUZE

Directrice du Mémorial Leclerc-Musée Jean Moulin