Message du général de Gaulle au peuple français

(Sources : Mémorial Maréchal Leclerc de hauteclocque, Musée Jean Moulin, Mairie de Paris)

MESSAGE DU GENERAL DE GAULLE AU PEUPLE FRANCAIS

 

 

Voici le texte du discours prononcé hier par le Général DE GAULLE à la B.B.C :

La bataille suprême est engagée. Après tant de combats, de fureur, de douleurs, voici venu le choc décisif, le choc tant espéré.

Bien entendu, c'est la Bataille de FRANCE et c'est la bataille de la France. D'immenses moyens d'attaque, c'est à dire pour nous de secours, ont commencé à déferler à partir des rivages de la vieille ANGLETERRE. Devant ce dernier bastion de l'Europe à l'Ouest fut arrêtée naguère la marée de l'oppression allemande. Il est aujourd'hui la base de départ de l'offensive de la LIBERTE.

La FRANCE, submergée depuis quatre ans mais non point réduite ni vaincue, la FRANCE est debout pour y prendre part. Pour les Fils de FRANCE, où qu'ils soient, le devoir simple est et sacré est de combattre par tous les moyens dont ils disposent. Il s'agit de détruire l'ennemi : l'ennemi qui écrase et souille la Patrie : l'ennemi détesté, l'ennemi déshonoré. L'ennemi va tout faire pour échapper à son destin, il va s'acharner à tenir notre sol aussi longtemps que possible. Mais il y a beau temps qu'il n'est plus qu'un fauve qui recule. De STALINGRAD à TARNOPUL, des bords du NIL à BIZERTE, de TUNIS à ROME, il a pris maintenant l'habitude de la défaite.

Cette bataille, la FRANCE va la mener avec fureur, elle va la mener en bon ordre. C'est ainsi que nous avons depuis quinze cents ans  gagné chacune de nos victoires ; c'est ainsi que nous gagnerons celle-1à : en bon ordre sous nos armées de terre, de mer, de l'air, i1 n'y a
à point de problème. Jamais elles ne furent plus ardentes, plus habiles plus disciplinées. L'Afrique, l'Italie, l'océan et le ciel ont vu leur force et leur gloire renaissantes. La terre natale les verra demain. Pour la Nation qui se bat les pieds et les poings liés contre l'oppresseur armé jusqu'aux dents, le bon ordre dans 18 batailles exige plusieurs conditions : la première est que les consignes données par le Gouvernement Français et les Chefs Français qu'il a qualifié pour le faire à l'échelon national et à l'échelon local soient exactement suivies.

La seconde est que l'action menée par nous sur les arrières de l'ennemi soient conjuguées aussi étroitement que possible avec celle que mènent de front les Armées Alliées et Françaises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ORDRE DU JOUR N°1

 

Officiers, Sous-officiers, Caporaux et Soldats du Régiment de Marche du Tchad, après tant d'efforts et de luttes et tribulations de toutes sortes, vous allez enfin remettre le pied sur le sol de France.

Avant que se lève l'aube de ce jour si ardemment appelé par quatre années d'exile que chacun d'entre vous prenne bien conscience de l'honneur qui lui échoit d'appartenir à un Régiment nanti d'un nom glorieux et réputé à bon droit pour incarner le plus pur idéal de la France Libre des premiers-jours.

A ce titre :

Le Général de GAULLE voit en vous ses compagnons les plus sur et les plus fidèles, les plus fermes, ceux qui, l'ayant suivi sans hésitation aux jours les plus sombres de I940, lui obéiront aveuglément en toutes circonstances. Cette confiance spontanée que vous lui avez vouée au lendemain de l'armistice et les événements vous en ont démontré jour par jour tout le bien fondé ; aujourd'hui cette confiance doit s'étendre intégralement au mouvement Provisoire et se muer en une Foi absolue dans l'homme que la France entière reconnait pour son seul Chef.

Le peuple de France qui vous a suivi pas à pas dans votre odyssée, et à qui vos faits d'armes et votre attitude irréductible ont apporté en leur temps un immense réconfort moral, le peuple de France ne doit pas être frustré de ce qu'il attend de vous. Une participation glorieuse à la bataille décisive, un exemple constant de discipline et d'énergie, de volonté de redressement national et de Foi agissante dans les destinées de la France.

Un exemple constant de confiance entière dans le Gouvernement Provisoire et de Foi absolue en son Chef.

Officiers, Sous-officiers, Caporaux et Soldats du Régiment de Marche du Tchad, je suis certain que vous ne faillirez pas à votre tâche.

J'ai été fier de vous commander en Afrique.

Je veux être encore plus fier de vous sur le sol de France.

Vive la France.

Vive le Général de GAULLE.

 

 

P.C, le 20 Juillet 1944

le Colonel DIO

Commandant le Régiment de Marche du Tchad,

signé : DIO

 

 

 

 

 

 

 

 

HEADWARTER THIRD UNITED STATES ARMY AFO 403

 

AG 381

 

A TOUS LES OFFICIERS ET SOLDATS SOUS MON COMMANDEMENT.

Dans une récente lettre, le Commandant du Théâtre des Opérations me dit :

" Il m'apparait très nécessaire, à la veille de nos opérations offensives " combinées, de préciser de la façon la plus claire, à nos hommes, les facteurs élémentaires du caractère de notre ENNEMI NAZI, d'insister qui " la nécessité absolue de l'écraser si nous voulons lui survivre, et de bien leur mettre dans la tête que nous l'avons déjà battu une fois " et que nous mats pouvons le battre à nouveau. Il nous faut tout simplement nous endurcir pour cette tâche. Un des éléments essentiels " de leur instruction finale est de leur inculquer cet esprit combattif " c'est là, une mission de Commandement.

Que chaque individu sous mon Commandement possède cet esprit, cela ne saurait être mis en doute ; que, cela doive être bientôt définitivement prouvé sur le champ de bataille est une certitude qui effraie déjà l'ennemi ; que cela doive enfin couronner nos efforts pour la Victoire finale est la certitude que le monde attend avec impatience,

Il est du devoir de tous les Commandants de Corps, de Divisions, de Régiments et d'Unités combattantes, d'assurer le succès de cet aspect vital de l'instruction en conservant toujours présent à leur esprit les mots suivants du Commandants Suprême

" Le temps n'est plus aux longues discussions sur les causes profondes " de la Guerre. Nos soldats ont déjà entendu tout cela. Ce qu'il faut maintenant, c'est les bien persuader que seul le combat dur et couronné de succès les conduira à la Victoire ; que le chemin du retour à leurs foyers passe par BERLIN".

 

G.S. PATTON Jr

Lieut.Géneral U.S.Army

Commanding signé: PATTON

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SUPREME HEADQUARTERS
ALLIED EXPEDITIONARY FORCE

 

 

Soldiers, Sailors and Airmen of the Allied Expeditionary Force!

You are about to embark upon the Great Crusade, toward which we have striven these many months. The eyes of the world are upon you. The hopes and prayers of liberty­-loving people everywhere march with you. In company with our brave Allies and brothers-in-arms on other Fronts, you will bring about the destruction of the German war machine, the elimination of Nazi tyranny over the oppressed peoples of Europe, and security for ourselves in a free world.

Your task will not be an easy one. Your enemy is well trained, well equipped and battle-hardened. He will fight savagely.

But this is the year 1944 ! Much has happened since the Nazi triumphs of 1940-41. The United Nations have in­flicted upon the Germans great defeats, in open battle, man-to-man. Our air offensive has seriously reduced their strength in the air and their capacity to wage

war on the ground. Our Home Fronts have given us an overwhelming superiority in weapons and munitions of war, and placed at our disposal great reserves of trained fighting men. The tide has turned ! The free men of the world are marching together to Victory

I have full confidence in your courage, devotion to duty and skill in battle. We will accept nothing less than full Victory !

Good Luck ! And let us ail beseech the blessing of Al­mighty God upon this great and noble undertaking.

 

Dwight EISENHOWER