Texte expliquant les différends existants entre Leclerc et De Larminat

(Sources : Mémorial Leclerc de Hauteclocque, Musée Jean Moulin, Mairie de Paris)

Leclerc et Larminat

Dès la naissance de l'Afrique française libre en août 1940 le colonel Leclerc a connu le général de Larminat alors en poste à Brazzaville. Ils ont entretenu d'excellents rapports et lors de s quelques voyages du général de Gaulle en Afrique, on peut voir ensemble les deux généraux aux côtés du chef de la France libre. De Larminat est haut-commissaire de la France libre et Leclerc vient d'être nommé général après la victoire de Koufra.

En 1942-1943 et plus particulièrement lorsque la 1ère DFL du général Koenig rejoint la " Force L " de Leclerc en Tunisie dans le cadre de la 5ème armée britannique, le général de Larminat profite de la transformation de la " Force L " en 2' division française libre pour prendre le commandement de ces deux unités jusqu'au moment où la 1ère DFL rejoint l'armée B, future 1ère Armée française et où la 2e DFL prend l'appellation de la 2e DB à Temara au Maroc.

Après que leurs affectations les aient éloignés l'un de l'autre Leclerc et de Larminat se trouvent en 1945 après les campagnes d'Alsace dans des circonstances très particulières pour participer à la reconquête de la " poche de Royan ". Le général de Larminat commande les forces françaises de l'Ouest mais devant les fortifications allemandes, leurs champs de mines et surtout la détermination et l'obstination des forces ennemies, il estime manquer de moyens efficaces. Or, la 2e DB est au repos dans le centre de la France et le haut commandement Français en la personne du général Juin décide d'envoyer sur le théâtre d'opérations de la côte atlantique, les chars, les artilleurs et le bataillon du génie du général Leclerc. Aussitôt, ce dernier écrit au général de Gaulle et au général Juin pour exprimer ses réticences à exécuter ces ordres, car il harcèle depuis plusieurs semaines les autorités supérieures ainsi que le commandement américain pour que la 2e DB participe avec les Alliés à conclure la guerre chez l'ennemi, en Allemagne.

Cependant, il met sur pied, sous les ordres du colonel de Langlade, un groupement tactique formé avec les unités qu'on lui demande. Les correspondances échangées entre Leclerc et de Larminat montrent l'évolution des relations entre les deux généraux, Français libres et compagnons de la Libération durant les mois de mars et d'avril 1945.